occupe etre heureux610 Faut il être occupé pour être heureux?

Faut-il être occupé pour parvenir à être heureux? Est-ce que l’ennui est l’ennemi à traquer? Faisons-nous erreur?

Se tenir occupé, c’est souvent inné en nous. En tout cas, chez moi. Je ne tiens pas en place. Oh, bien sûr, j’aime me reposer, mais j’y arrive difficilement. On dirait que pour être heureuse, j’ai besoin de projets, d’idées, de buts, de choses à faire, de sortir et même de faire deux choses en même temps. Ça vous arrive aussi?

Ainsi, on associe rapidement « être occupé » à « être heureux ». Une étude a démontré que cette affirmation n’est pas tout à fait fausse. En fait, l’équation n’est ni tout à fait vraie, ni tout à fait fausse. Il ne faut pas simplement s’étourdir pour ne plus penser à ses problèmes et les tenir à distance de nous. On doit être capable, alors qu’on est occupé, de garder notre esprit entièrement conscient de ce qu’on fait. C’est plutôt cette gymnastique d’esprit qui est responsable de notre sentiment d’être heureux.

Rester à ne rien faire est un art que je connais mal. Même que j’ai longtemps cru que c’était improductif. Ne pas avoir quelque chose à faire sur ma to-do list m’angoisse. Rien de prévu pour le weekend? Je me mets à chercher une sortie. Puis, un jour, on m’a fait comprendre que « ne rien faire » n’est pas synonyme de déconnecter son esprit complètement. Donc nul risque de rester là sans bouger, sans penser, sans créer… Oh! La révélation.

Productivité

On peut être occupé de mille et une façons différentes. Mon exercice à moi, c’était d’apprendre à consacrer du temps pour des activités pas nécessairement productives dans l’immédiat. Maladie du siècle, on veut être productif. On veut que nos gestes provoquent des résultats rapidement, au travail comme dans notre vie personnelle. Impatiente chronique, je suis victime de cette recherche de la productivité. Mais c’était plus fort que moi, quand on me disait « Repose-toi! Calme-toi! », je rageais intérieurement. Et ça ne date pas d’hier. Petite, quand on me disait « On fait rien! », je retournais dans ma chambre et je m’activais à m’occuper. Ne rien faire était une perte de temps.

J’ai donc eu besoin d’une pirouette de l’esprit pour comprendre que ce qu’on me disait, c’était que j’avais du temps libre pour moi. Pour faire ce que je voulais. Du temps pour créer dans ma tête. Du temps pour être heureuse.

Être occupée n’est donc pas juste « faire quelque chose », mais c’est être, créer, penser et surtout se faire plaisir. Et quand on est occupé de cette façon, positivement, on est nécessairement plus heureux et aussi plus productif dans nos tâches actives. Notre esprit ne vagabonde pas sans but, il voyage directement vers ce qui nous fait du bien.

Mais cet apprentissage n’est pas toujours facile. On a l’impression de ne rien faire, même si on se fait plaisir. Au début, on a besoin de se rappeler qu’on a le droit de s’accorder du temps pour soi. Tricoter, lire, observer les oiseaux, jouer à un jeu ou faire un bricolage, c’est se permettre du bon temps.

Trois trucs simples pour prendre du temps pour soi :

  • On dresse une liste de choses qu’on peut faire qui nous font du bien. On trouve des idées si on a 5 minutes, 15 minutes, 2 heures ou une journée.
  • On met des moments pour soi dans notre to-do list. On se récompense avec des activités qui nous font du bien, par exemple : « Je règle deux dossiers et ce soir, je vais lire un chapitre du roman qui me captive. »
  • On se répète au besoin qu’on a le droit de prendre ce temps pour soi, et que se faire plaisir n’est pas synonyme de « rien faire » ou d’égoïsme. « J’ai le droit » peut devenir votre mantra.

Alors, si on ne faisait rien aujourd’hui?